Abyssinia

  Des confins de la Corne de l’Afrique, ils sont des milliers à converger chaque année, vers le mausolée de Cheikh Hussein. Au cœur des hauts plateaux éthiopiens, une partition unique des mystères de la foi se joue sur quelques jours, à une date tenue secrète. Pour honorer la mémoire d’un saint soufi, d’anciennes croyances païennes ressurgissent sur fond d’islam mais aussi de chrétienté. Sur ces hautes terres où l’identité confessionnelle structure l’espace et le temps de ses habitants, des chrétiens et des musulmans unis dans un même lieu, partagent des pratiques religieuses communes dans une ferveur indescriptible. Les rites traditionnels anciens auraient-ils pris l’ascendant sur les dogmes des deux grandes religions monothéistes ? En tout cas l’esprit de tolérance religieuse souffle toujours sur l’Éthiopie.

 Every year, thousands of people flock to the confines of the Horn of Africa to the tomb of Sheikh Hussein. Here, high up in the Ethiopian plateau, on a well guarded date over the course of a few days a unique mystery of faith takes place. Ancient Pagan beliefs based on Islam and Christianity reappear once more to commemorate a Sufi Saint. United in one place Christians and Muslims alike share religious practices with intense fervour in a lofty landscape whose very confessional identity has shaped the place and times of its inhabitants. Have these ancient traditional rites taken inspiration from the dogmas of two great monotheistic religions? Whatever the case, the winds of tolerance blow softly over Ethiopia.